( AFP / DENIS CHARLET )
Début avril, trente-sept associations ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer "une loi d'urgence" garantissant l'accès à cent produits sains à prix coûtant.
Objectif : garantir "l’accès à un panier de produits sains vendus à prix coûtant". Mardi 7 juillet, le député écologiste Boris Tavernier a déposé une proposition de loi en ce sens, en écho à la demande de nombreuses associations de consommateurs. L'élu souhaite imposer aux distributeurs la mise en place d'un "panier de denrées alimentaires contribuant à la protection de la santé publique", à un prix "n'excédant pas leur prix coûtant", et ce de manière "permanente".
L'élu souhaite imposer aux distributeurs la mise en place d'un "panier de denrées alimentaires contribuant à la protection de la santé publique", à un prix "n'excédant pas leur prix coûtant", et ce de manière "permanente". L'alimentation saine ne doit "pas être un privilège mais un droit", a plaidé ce mercredi Boris Tavernier lors de la présentation de sa proposition de loi à la presse.
Concrètement, le panier serait constitué de "quelques dizaines de produits" choisis par décret comme des "poissons, légumes, céréales, légumineux", avec au moins "trois références de produits par aliment", et serait adaptable selon les saisons, a expliqué le député. "Le dispositif repose sur une exigence de neutralité économique : les distributeurs ne doivent ni perdre ni gagner d'argent sur l'ensemble des références composant le panier", précise le texte dans l'exposé des motifs.
"L'objectif est de renverser l'équilibre"
L'élu, actif sur les questions d'alimentation, a dénoncé les marges élevées appliquées par la grande distribution sur les fruits et légumes et les produits sains, leur permettant selon lui de "sous-marger" et rendre plus attractifs des "produits d'appel bien identifiés", souvent assimilés à de la "malbouffe". "L'objectif est de renverser cet équilibre", a-t-il indiqué. En mai dernier, la commission d'enquête sénatoriale sur "les marges des industriels et de la grande distribution" avait déjà critiqué cette "péréquation des prix" dans son rapport.
Boris Tavernier a aussi indiqué vouloir intégrer des produits issus de l'agriculture biologique dans le panier, rappelant que, selon une enquête de l'association de consommateurs Que Choisir Ensemble publiée fin mai, "la marge pratiquée sur les fruits et légumes bio est en moyenne 81% plus élevée qu'en conventionnel".
Trente-sept associations ont salué ce mercredi dans un communiqué la proposition de loi, louant un texte "équilibré, réaliste et applicable". Début avril, ces mêmes associations avaient adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer "une loi d'urgence" garantissant l'accès à cent produits sains à prix coûtant. Le député a dit vouloir inscrire le texte lors d'une semaine transpartisane à l'automne.
Contacté par l'AFP, le cabinet de Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, souhaite "attendre de voir le contenu du texte avant de réagir".
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